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Un sujet de moins en moins "tabou"
par Martin Messier, avocat
Les différents groupes sociaux ont toujours obtenu une oreille plus attentive de la part du gouvernement du Québec, et on le constate encore davantage lorsquil sagit dhabitation. Pour les propriétaires, on est encore loin de la «coupe aux lèvres » lorsquil faut obtenir des avantages et même une certaine compréhension. Les lois qui régissent les relations locateurs-locataires sont contraignantes.
Avec la rareté de logements que lon connaît depuis plusieurs mois au Québec, mais principalement dans les grands centres, nous pouvons constater lémergence dun courant dopinions au niveau des mesures à prendre, qui vient rejoindre certaines idées que nous avons avancées, pour favoriser la construction de logements de la part du secteur privé en particulier.
Dans les débats sur le sujet avec les grands médias dinformation, nous constatons de plus en plus que les commentaires et éditoriaux favorisent davantage le fait quil y a trop de réglementation dans le secteur du logement au Québec. Encore récemment, lInstitut économique de Montréal, par le biais dune étude effectuée par son directeur de recherche M. Pierre Desrochers, cerne bien, selon nous, les solutions pour régler le problème du logement au Québec. Selon létude, il faudrait déréglementer complètement les prix des loyers et trouver les solutions pour réduire les coûts de construction, alors que présentement, il nest pas rentable de construire du logement privé abordable.
Nous croyons quil faudra toujours que lÉtat demeure impliqué au niveau de la construction dun certain nombre de logements sociaux, mais cette implication doit rester marginale.
Avec les derniers discours, les opinions de médias, des études comme celle de lInstitut économique de Montréal, nous sommes heureux de constater quon semble maintenant nous écouter davantage, alors que nos représentations pour les propriétaires ont toujours été dans le sens quil fallait assouplir les règles au niveau des loyers et de la construction, laisser fonctionner la loi de loffre et la demande, alors quon sévertue à crier que les investisseurs ne sont plus intéressés à construire des unités de logements, parce que les loyers sont trop bas et quil ny a pas de possibilité de rentabilité. Lopinion change mais ces solutions ne sont pas encore très populaires auprès de nos politiciens.
Enfin, lAPQ a eu loccasion de participer à la phase finale du Sommet de la ville de Montréal. Pour la section habitation, nous retrouvions lAPQ et lAPCHQ pour représenter les propriétaires. A ce sommet baptisé pour loccasion «le Sommet des décideurs », nous avons eu loccasion déchanger avec les associations de locataires, les élus et plusieurs dirigeants, des problèmes du logement à Montréal. Les efforts déployés par ladministration Tremblay sont louables et méritent dêtre soulignés. Ces échanges nous permettent de prendre connaissance des positions des locataires, des réactions quelles suscitent et ne peuvent quêtre bénéfiques pour la progression de limmobilier, même si nous demeurons en désaccord sur plusieurs de leurs revendications.