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Juste retour du balancier

 

par Martin Messier, avocat

 

Vous avez pris connaissance des résultats de l’enquête annuelle qui se fait sur le logement locatif par la SCHL, et vous avez sûrement constaté que le taux d’inoccupation est de 0,7 % à Montréal comparativement à 0,6 en 2001, et pour la région de Québec, le taux d’inoccupation se situe à 0,3 % contrairement à 0,8 % l’an dernier.

Si vous êtes propriétaire depuis plus d’une douzaine d’années, vous avez connu une dure période qui devait débuter autour de 1990 et durer pendant une bonne dizaine d’années, alors que les taux d’inoccupation ont même frôlé les 9 % dans certaines villes de la région de Montréal entre autres. Les propriétaires ont fait des pieds et des mains pour maintenir leurs investissements, à coups de mois de loyers gratuits, micro-ondes gratuits, et souvent, ça ne suffisait pas pour louer tous les logements. Les loyers vacants étaient très difficiles à supporter et certains propriétaires ont dû remettre les clefs à la banque.

Une chose est certaine, les prix des loyers sont demeurés fixes durant plusieurs années et parfois même, pour survivre, des propriétaires apportaient une baisse de leurs loyers, pour réussir à concurrencer les voisins. Ceci dit, c’est au moins un juste retour du balancier qui survient  pour les propriétaires depuis quelques mois et c’est sûrement apprécié.

Nous avons également les loyers les moins dispendieux au Canada. Pour les incrédules, il s’agit de s’en référer aux chiffres de la SCHL qui sont éloquents. Le loyer moyen d’un appartement de 2 chambres à coucher à Montréal est de 552 $ et de 550 $ à Québec. Dans les principales régions urbaines de tout le pays, on ne trouve aucun endroit qui offre des loyers aussi bas. Partout au Canada, on y retrouve davantage des loyers qui se situent dans les 600 $, 700 $ et plus, en ne citant que Toronto avec 1 047 $ pour le même genre d’appartement.

Certains groupes de défense des locataires tels que FRAPRU se lancent souvent dans de grandes envolées oratoires pour dénoncer l’abus des propriétaires au niveau de la hausse de leurs loyers depuis plusieurs années. Pourtant, l’an dernier, les loyers ont augmenté en moyenne dans la région de Montréal de 4 %. Bien qu’on constate qu’il y a bel et bien une hausse, nous sommes loin d’une récupération des gels et même des diminutions de loyer que nous avons tous vécus dans les années 90.

Nous serons cependant toujours d’accord pour dire que les gens qui n’ont pas les revenus nécessaires pour se loger convenablement au Québec devraient être aidés et ce n’est pas au propriétaire privé de logements à les subventionner avec leurs biens personnels (immeubles à revenus), mais aux gouvernements.

Nous terminerons bientôt une autre année et les perspectives économiques s’annoncent bien pour la prochaine année. 

Dans l’intervalle, en mon nom personnel ainsi que de la part de tout le personnel de l’APQ, je vous souhaite de Joyeuses Fêtes

 

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