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Interdiction d'installer une antenne satellite dans le consentement du propriétaire
par Robert Soucy, avocat
LES FAITS
Le locateur, lOffice municipal dhabitation de Montréal en appelle dune décision de la Régie du logement qui a rejeté sa demande dexécution en nature visant à forcer la locataire à enlever une antenne satellite installée sur le toit de limmeuble sans lautorisation du locateur.1
La demande dexécution consiste à empêcher la locataire dempiéter sans autorisation sur le toit de limmeuble, qui est une partie commune demeurant sous la maîtrise exclusive du locateur.
LE DROIT
Le juge de la Cour du Québec cite le professeur Pierre-Gabriel Jobin dans son traité de droit civil sur la question de lusage des parties communes : " le locataire na de jouissance immédiate et directe que de certaines parties communes. Il sagit par exemple du hall dentrée, de lascenseur et des corridors. Les autres parties communes, comme la chambre à fournaise et le toit, ne lui sont pas accessibles, elles restent sous la maîtrise exclusive du locateur : à légard des parties de cette seconde catégorie, le locataire est en droit dattendre des services, tel que le chauffage mais certainement pas une utilisation personnelle."
Largument de la locataire à leffet que le bail ne contient pas de clause spécifique qui défend linstallation dune antenne na pas été retenu par le juge. La locataire nayant pas droit daccès à cette partie commune quest le toit de limmeuble, il nest pas nécessaire de prévoir une clause à cet effet dans le bail. Linstallation de lantenne satellite fut considérée comme un empiétement illégal. La Cour du Québec ordonna à la locataire denlever lantenne satellite.
EXCEPTION AU PRINCIPE
Une autre décision de la Régie du logement a établi que le même raisonnement sappliquait aux murs et autres parties communes.2
Toutefois, la preuve dans cette cause révélait une situation bien particulière. Lantenne était déposée sur le plancher du balcon à lusage exclusif du locataire; elle ny est pas vissée et elle est cachée de la vue par les côtés presque pleins des balcons.
La Régie a décidé : "Linstallation faite par le locataire nest donc pas substantiellement différente dune installation faite à lintérieur dun logement, lantenne ne causant ni préjudice esthétique ni risque."
La demande du locateur pour enlever lantenne satellite fut donc rejetée par le régisseur.
1.Office municipal dhabitation de
Montréal c.
Kouzi (1997) J.L. 99.
2.
Fainman Investments inc.c.
Bergeron (2002) J.L. p.123